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mardi 2 février 2021

Littérature antique - Œuvres complètes 3 (Xénophon)

Œuvres complètes 3

Xénophon

Garnier-Flammarion, Paris, 1967.

448 pages.



Numérisation: Pierre Rousseau - © 2021
Archives Pierre Rousseau
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Littérature antique - Œuvres complètes 2 (Xénophon)

Œuvres complètes 2

Xénophon

Garnier-Flammarion, Paris, 1967.

508 pages.



Numérisation: Pierre Rousseau - © 2021
Archives Pierre Rousseau
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Littérature antique - Œuvres complètes 1 (Xénophon)

Œuvres complètes 1

Xénophon

Garnier-Flammarion, Paris, 1967.

512 pages.



Numérisation: Pierre Rousseau - © 2021
Archives Pierre Rousseau
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lundi 1 février 2021

Théâtre et spectacles - Théâtre complet (Sophocle)

Théâtre complet

Sophocle

Garnier-Flammarion, Paris, 1964.

380 pages.



Numérisation: Pierre Rousseau - © 2021
Archives Pierre Rousseau
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Littérature antique - L'Énéïde

Le 24 mars 1966, j'écrivais dans mon journal:

Été Dupuis: 2 livres «L'Iliade» d'Homère et «L'Énéide» de Virgile. 2,50$

«Dupuis», c'est bien sûr Dupuis Frères, magasin installé sur la rue Saint-Catherine (Montréal) de 1882 à 1978. Aujourd'hui (2021), le centre commercial Place Dupuis, une tour à bureaux ainsi que l'Hôtel Gouverneur occupent cet espace urbain.

L'Énéïde

Virgile

Garnier-Flammarion, Paris, 1965.

446 pages.



Numérisation: Pierre Rousseau - © 2021
Archives Pierre Rousseau
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lundi 4 janvier 2021

Philosophie - Odes, épitres, art poétique, (etc.)

Horace

Odes, Chants séculaires, Épodes, Satires, Épitres, Art poétique

Garnier-Flammarion 159, 1967.


ODES

«Quel garçon, bien jeune encore, et tout baigné de parfums, te presse, Pyrrha, au milieu des roses, dans cette grotte délicieuse. Pour qui attaches-tu tes cheveux blonds? Pour qui es-tu si simple dans ta coquetterie? Hélas! il pleurera souvent tes trahisons et celle des dieux, il sera stupéfait de la noirceur des vents et de la violence des flots, lui qui aujourd’hui, dans sa crédulité, jouit de ta beauté éclatante! Il espère que tu seras toujours à lui, que toujours tu seras aimable! Il ne sait pas que le vent tourne. Malheureux ceux qui t’admirent sans t’avoir connue! Mais moi, aux parois du temple, j’ai suspendu un ex-voto : ce sont mes vêtements encore tout ruisselants, que j’ai consacrés au maitre de la mer. »52

«N’espère pas, si tu veux m’en croire, qu’éternellement ce sauvage blessera ta bouche, si douce, que Vénus parfuma de la quintessence de son nectar.» 57

«Tu peux me placer dans des plaines où toute vie est morte, où pas un arbre n'est vivifié par les souffles de l'été, dans ces régions de l'univers qu'accablent les nuages et les maléfices d'un froid jupitérien. Tu peux me placer très près du soleil, sous son char, dans une terre inhabitable; toujours j'aimerai Lalagé au doux sourire, à la voix douce.» 62

«Tu m'évites, Chloé, et tu ressembles au faon qui, loin des routes, sur les montagnes, cherche sa mère timide, et a peur, sans raison, des vents légers et des arbres. Que l'arrivée du printemps fasse frémir et remuer les feuilles, que les verts lézards fassent bouger les ronces, son cœur tremble, comme ses genoux. Mais moi, vraiment, je ne suis pas un tigre sauvage, je ne suis pas un lion de Gétulie, et ce n'est pas pour te briser que je te poursuis. Laisse enfin ta mère; tu as l'âge d'aller avec un homme.» 62

«Aimé des Muses, j'abandonnerai la tristesse et la crainte à la violence des vents, qui les emporteront sur la mer de Crète; je ne chercherai pas à savoir qui règne dans les glaciales contrées sous l'Ourse, ou quels motifs de crainte peut avoir Tiridate. O douce Muse de Pimpla, toi qui aimes les fontaines auxquelles nul n'a puisé, tresse, avec les fleurs de l'été, tresse une couronne pour mon cher Lamia. Sans ton aide, mon hommage ne servirait à rien. C'est à toi et à tes sœurs d'immortaliser Lamia sur une lyre que Rome ne connaît pas encore, sur le luth lesbien.» 63 Annotation dans la marge: Ronsart

«Souviens-toi de conserver dans les heures difficiles une âme égale, et dans la prospérité une modération qui t'éloigne d'une joie insolente : car tu dois mourir, Dellius, soit que tu aies toute ta vie vécue dans l'affliction, soit qu'à l'écart, étendu sur le gazon, les jours de fête, tu aies trouvé le bonheur dans une coupe de Falerne tirée du fond de ton cellier. Pourquoi ce pin si élevé et ce peuplier blanc se plaisent-ils à mêler leurs branches et à ménager un joli coin d'ombre? Pourquoi cette eau fuit-elle en bondissant dans le lit sinueux de ce ruisseau ? C'est pour que là tu fasses apporter du vin, des parfums, les roses charmantes, malheureusement trop vite fanées, tant que le permettront les circonstances, ta jeunesse et le sombre écheveau que filent les trois sœurs. Un Jour, il faudra quitter les parcs, achetés l'un après l'autre, la son de ville, la maison de campagne, que baigne le Tibre jaune; et un héritier sera le maître de ces richesses amassées. Que l'on soit riche et issu de l'antique Inachus, ou pauvre et d'humble origine, peu importe : on ne passera qu'un temps sur la terre; on est une victime réservée à Orcus, le dieu sans pitié. Nous sommes tous poussés au même but; dans l'urne notre sort à tous est agité, il sortira un peu plus tôt, un peu plus tard; mais tous nous prendrons passage dans la barque pour l'exil éternel.» 72

«Suivre le bon chemin dans la vie, Licinius, c'est ne pas vouloir toujours gagner la haute mer, c'est aussi ne pas rester, par crainte de la tempête, trop près du rivage semé l'écueil.» 76

«Voudrais-tu échanger contre les richesses d'Achéménès, contre l'opulence des Mygdoniens de Phrygie, contre les riches demeures des Arabes, un seul cheveu de Licymnie, quand elle se détourne pour recevoir sur la nuque tes baisers brûlants, qu'elle a la cruauté de te les refuser, mais pour les accepter bien vite, qu'elle a plus de joie à se les laisser prendre que toi à les lui ravir, et que parfois elle est la première à te les donner.» 78

«On est heureux à peu de frais; il suffit que brille sur une table modeste la salière de famille et que le sommeil ne soit pas troublé par la crainte ou par de mauvais désirs. La vie est courte : dès lors, pourquoi tant d'efforts, pourquoi viser tant de buts ? Pourquoi chercher d'autres terres chauffées par d'autres soleils? Quitter son pays, est-ce se fuir soi-même ?» 80

«Mais je suis honnête; la veine de mon esprit est généreuse; je suis pauvre, et le riche me recherche. Je ne demande rien de plus aux dieux, et je ne sollicite pas autre chose de mon puissant ami : je suis assez riche avec ma terre de la Sabine.» 81

«Quelles pertes, quels dommages n'apporte point le temps ? Nos pères valaient moins que leurs pères; nous, leurs enfants, valons moins qu'eux; ceux que nous aurons vaudront moins encore.» 92

«Je vais, sans rien avoir sur moi, dans le camp des gens qui ne désirent rien; j'ai hâte d'abandonner, de fuir le parti des riches ; je suis plus glorieux de posséder ce que les autres dédaignent, que si j'avais la réputation d'enfouir dans mes greniers tout le blé récolté par le laborieux Apulien, restant misérable au milieu de tant de richesses. Un ruisseau aux eaux pures, un parc de quelques arpents, une moisson assurée me font un sort plus heureux qu'au riche qui se croit supérieur à moi par ses fertiles domaines d'Afrique.« 97

«... car nous sommes, hélas! jaloux de l'homme vertueux: nous ne pouvons le souffrir de son vivant; nous l'honorons quand il a disparu.» 102

«... ainsi j'aime à quitter les grands chemins pour admirer les rives et les bois solitaires.» 103

«Descendant des rois tyrrhéniens, Mécène, une jarre de vin doux, que l'on n'a pas encore inclinée, des roses en fleurs, et, pour parfumer tes cheveux, de l'huile de ben t'attendent chez moi depuis longtemps. Écarte tout ce qui pourrait retarder ta venue, et ne passe point ton temps à regarder de loin la fraîche Tibur, les pentes d'Efula et les sommets de Télégone le parricide. Quitte un instant ta vie opulente et les dégoûts qu'elle apporte; laisse ton palais qui s'élève jusqu'aux nuages, cesse un moment d'admirer les fumées, les richesses, les bruits de l'opulente Rome. Souvent les riches aiment le changement souvent, un repas élégant, mais simple, dans une maison modeste, sans tentures, sans coussins de pourpre, ont déridé leur front inquiet.» 105

«Un souffle puissant, Antoine, soutient le cygne dircéen toutes les fois qu'il monte jusqu'aux nuages. Je suis, moi, comme l'abeille du Matinus; péniblement, je butine le thym odorant dans la profondeur des bois, et je façonne, avec peine, humble poète, mes vers sur les frais rivages de Tibur.» 110

«Mon inspiration et ma gloire, si j'ai de la gloire, c'est ton bien.» 111

«Quand les mœurs s'affaiblissent, le mal enlaidit les âmes bien nées.» 112

«Les neiges se sont enfuies; déjà le gazon reparaît dans les champs et les feuilles sur les arbres. Comme chaque année, la terre se transforme; les fleuves décroissent et coulent à l'intérieur de leurs rives. La Grâce, avec les Nymphes, et ses deux sœurs, osent, toutes nues, conduire les danses. Ne compte pas sur l'immortalité tu es averti par la fuite des années et des jours que l'heure emporte et renouvelle. Les zéphyrs rendent le froid moins vif; le printemps est chassé par l'été, qui mourra à son tour, quand l'automne aura répandu ses dons et ses fruits; puis reviendra l'hiver, la saison où rien ne pousse.» 115

«... il est doux, à l'occasion, de perdre la raison.» 119

ÉPODES

«Lorsque nous aurons fait ce serment et tous ceux qui pourront nous interdire la douceur du retour, partons, tous les citoyens, ceux du moins qui sont supérieurs à une foule qui ne veut rien entendre; qu'elle persiste, cette foule lâche et sans espoir, à rester dans ses demeures condamnées par les dieux. Mais vous, qui avez du cœur, cessez de gémir comme des femmes et volez au-delà des rivages étrusques. Il nous reste l'immense océan gagnons les riches campagnes, les iles Fortunées chaque année, la terre, sans être cultivée, y prodigue le blé; sans être taillée, la vigne y prospère; les branches de l'olivier y bourgeonnent et ne trompent jamais; la figue mûre y fait la beauté d'un arbre qu'on n'a pas à greffer; le miel y coule du creux des chênes; l'eau légère y tombe avec bruit du haut des montagnes. Là, les chèvres viennent d'elles-mêmes se faire traire, et le troupeau ami apporte à l'étable ses mamelles gonflées de lait. Le soir, l'ours ne vient pas gronder autour de la bergerie, et le sol profond n'est pas gonflé de vipères. Et nous aurons le bonheur de voir encore d'autres merveilles le vent humide de l'Eurus ne ravinera pas les champs par des pluies abondantes; les semences fécondes ne se dessécheront pas dans les mottes, le roi des dieux réglant la pluie et la chaleur. Les rameurs du vaisseau Argo ne sont point allés vers cette terre, et Médée  l'impudique n'y a pas mis le pied; les marins de Tyr n'ont point de ce côté tourné leurs antennes, pas plus que les misérables compagnons d'Ulysse. Les moutons n'ont à craindre aucune maladie; les troupeaux n'ont pas à souffrir des chaleurs excessives. Jupiter a réservé ces rivages à un peuple pieux, quand il remplaça l'âge d'or par l'âge de bronze, qui valait moins. Avec le bronze, puis le fer, il fit des âges plus durs les hommes à l'âme religieuse auront le bonheur d'y échapper, s'ils écoutent mes chants inspirés.» 141

SATIRES

«Cette indulgence, à mon avis, nous donne des amis et nous les garde.» 155

«La nature ne peut distinguer le juste et l'injuste, comme elle sépare l'utile de son contraire, ce qu'on doit rechercher de ce qu'il faut éviter. Et aucune argumentation ne permettra d'établir que la faute est la même et de même importance, si l'on brise dans le jardin du voisin un jeune plant de chou ou si, pendant la nuit, on dérobe des objets sacrés. Qu'une règle fixe la peine proportionnellement à la faute; qu'on ne déchire pas avec le fouet celui qui mérite simplement un coup de lanière.» 157 Annotation dans la marge: Justice

«Peu importe, dis-tu, le père que l'on a, pourvu qu'on ait soi-même des sentiments d'homme libre; ...»  164

167 Annotation dans la marge: Mène une vie sans problème, monotone mais juste, douce: il est heureux ainsi.

«J'ai vu moi-même Canidie errer dans ces lieux, sa robe noire retroussée, pieds nus, cheveux épars; elle était avec Sagana l'aînée; elle poussait des hurlements; toutes deux étaient effrayantes de pâleur. Elles se mirent à fouiller la terre de leurs ongles et à déchirer de leurs dents une agnelle noire; elles firent couler le sang dans la fosse pour en faire sortir les Mânes et avoir les réponses des âmes. Elles avaient deux poupées, l'une de laine, l'autre de cire; la première, plus grande, semblait vouloir châtier la seconde; celle de cire était à genoux, comme un esclave qui va mourir. L'une des deux sorcières invoqua Hécate, l'autre la cruelle Tisiphone; alors, on put voir les serpents et les chiens des enfers aller et venir autour d'elle, et la lune rougissante, pour ne pas être témoin de ces abominations, se cacher derrière les grands tombeaux. Si je mens si peu que ce soit, je veux que les corbeaux souillent ma tête de leur fiente blanche, que Julius, la molle Pédiatia et Voranus le voleur viennent faire sur moi toutes leurs turpitudes. A quoi bon tout raconter dans le détail ? pourquoi dire comment les ombres se mirent à converser avec Sagana d'une voix lugubre et aiguë, comment les deux femmes enfouirent secrètement en terre de la barbe de loup et une dent de couleuvre tachetée, comment une flamme plus haute consuma la poupée de cire, comment enfin, plein d'horreur pour les paroles et les actes de ces deux furies, je me vengeai de ce que j'avais vu et entendu. Mes fesses de figuier firent entendre un pet, sonore comme une vessie qui éclate. Et mes deux femmes de filer vers la ville; Canidie perd ses fausses dents, Sagana son énorme perruque, elles laissent tomber les herbes et les bandes de laine enchantées qu'elles avaient dans les bras beau spectacle, vraiment risible et amusant!» 169

«Celui qui s'est engraissé et a pris un teint blême à trop aimer la bonne chère, ne trouvera aucune joie à manger des huîtres, des sargets ou des gélinottes.» 178

«Apprends maintenant les avantages sérieux d'une vie frugale d'abord, une bonne santé; pour te rendre compte du mal que fait à l'estomac une nourriture trop variée, tu n'as qu'à songer à la facilité avec laquelle passe un seul plat.» 180

«(Damasippe) Une grenouille avait un moment laissé ses petits un veau les écrasa tous sous ses pieds, sauf un, qui raconta à sa mère qu'une énorme bête avait tué tous ses frères. « Une bête ? de quelle taille ? Est-ce que, en me gonflant, je suis aussi grosse qu'elle ? Plus petite de moitié! Était-elle donc si grosse? » Et elle s'enfle de plus en plus. « Même au risque de crever, dit le petit, tu ne l'égalerais pas. » C'est, ou bien peu s'en faut, ton portrait. Ajoute à cela ta manie d'écrire, c'est-à-dire mets de l'huile sur le feu. Si jamais poète a été raisonnable, tu l'es. Je ne parle pas de tes effroyables emportements.» 191 Annotation dans la marge: Lafontaine

201 Annotation dan la marge: Lafontaine

 ÉPITRES

«C'est avoir fait la moitié de l'ouvrage que d'avoir commencé.» 215

«Quand on a le nécessaire, on ne devrait rien désirer de plus.» 215

222 Annotation dans la marge: Lafontaine

«À un homme simple peu de choses suffit.» 222

«Le cerf, plus fort que le cheval, l'avait chassé des pâturages qu'ils avaient jusqu'alors partagés; celui-ci, vaincu à la suite d'une longue lutte, demanda secours à l'homme et accepta le mors. Vainqueur à son tour, il écarta orgueilleusement son ennemi; mais il ne put plus se débarrasser de son cavalier ni se délivrer du mors. Ainsi celui qui, par crainte de la pauvreté, se prive de la liberté, ce bien supérieur à la richesse, aura la honte de se donner un maître et il sera éternellement esclave pour n'avoir pas su se contenter de peu. Ne pas proportionner ses désirs à sa situation, c'est avoir une chaussure qui ne va pas: trop grande, elle fait tomber; trop petite, elle blesse.» 226

«... et vivre toujours dans la crainte, c'est, à mes yeux, renoncer à être jamais libre.» 234

«C'est que le génie blesse de son éclat les talents qui lui sont inférieurs; qu'il disparaisse, on lui fera fête.» 243

«... mais c'est la foule, plutôt que les jeux, qu'il regarderait avec attention, parce qu'elle lui fournirait plus de sujets d'observation à coup sûr, il jugerait que le poète raconte sa pièce à un âne sourd.» 248

«Mais, que le navire qui me porte soit petit ou grand, je n'en ferai pas moins le voyage.» 256

ART POÉTIQUE

«Ainsi, dans un convoi funèbre, les pleureuses à gages crient et gesticulent plus que la famille, dont la douleur est vraie. Le flatteur, qui au fond se moque, se montre plus ému que celui qui, sincèrement, approuve.» 270

Numérisation: Pierre Rousseau - © 2020
Archives Pierre Rousseau
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samedi 25 janvier 2020

Littérature antique - L'Odyssée

En 1966, j'écrivais dans mon journal:
29-03 
Acheté livres: «L'Odyssée» d'Homère et «La divine comédie» 1,30$

L'Odyssée

Homère

Garnier-Flammarion 64, 1965.


Photos: Pierre Rousseau - © 2019
Archives Pierre Rousseau
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mardi 7 mai 2019

Philosophie - Manuel d'Épictète (Marc-Aurèle)



J'ai lu ce livre le 14 janvier 1980:


Pensées pour moi-même; Manuel d'Épictète

par Marc-Aurèle
Garnier-Flammarion, 1964 ; 16

Voici les notes et soulignements du Manuel d'Épictète:

Il y a des choses qui dépendent de nous; il y en a d’autres qui n’en dépendent pas. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions : en un mot, toutes les œuvres qui nous appartiennent. Ce qui ne dépend pas de nous, c'est notre corps, c‘est la richesse, la célébrité, le pouvoir; en un mot, toutes les œuvres qui ne nous appartiennent pas. 207

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur ces choses. 209 - Dans la marge: **

Ne t'enorgueillis d’aucun avantage qui te soit étranger. Si un cheval se vantait en disant : «Je suis beau», ce serait supportable. Mais toi, lorsque tu dis en te vantant : «J’ai un beau cheval», sache que tu t‘enorgueillis d’un avantage qui est à ton cheval. Qu’est-ce donc qui est à toi? L’usage des idées. Lorsque donc tu fais usage des idées conformément à la nature, dès ce moment  enorgueillis-toi, car alors tu t’enorgueillis d’un bien qui est à toi. 210

Commence donc par les petites choses. On laisse couler ton huile, on vole ton vin ? Dis-toi : «C’est à ce prix que se vend l’impassibilité; à ce prix, le calme.» Rien n‘arrive gratis. Lorsque tu appelles ton esclave, pense qu'il peut ne pas avoir entendu, et que, s’il a entendu, il peut ne rien faire de ce que tu veux; mais dis-toi aussi qu’il n’est pas dans un si bel état qu’il dépende de lui de te troubler. 212

Si tu veux que tes enfants, ta femme et tes amis vivent toujours, tu es un sot; tu veux, en effet,  que ce qui ne dépend point de toi en dépende, et que ce qui est à autrui soit à toi. 212b

«Ce qui l’afflige ce n’est point ce qui arrive, car un autre n’en est pas affligé; mais c'est le jugement qu’il porte sur cet événement.» 213

Lorsque donc quelqu’un te met en colère, sache que c'est ton jugement qui te met en colère. Efforce-toi donc avant tout de ne pas te laisser emporter par ton idée; car, si une fois tu gagnes temps et délai, tu deviendras plus facilement maître de toi. 215a

Si tu désires être philosophe, prépare-toi dès lors à être ridiculisé et raillé par la foule qui dira : «Il nous est revenu tout à coup philosophe.» Et : «D’où lui vient cet orgueilleux sourcil ?» Pour toi, n’aie pas un sourcil orgueilleux. Attache-toi à ce qui te parait le meilleur, comme si Dieu t’avait désigné pour ce poste. Souviens-toi que, si tu persévères, ceux mêmes qui d’abord se moquaient de toi t’admireront plus tard. Mais, si tu te laisses abattre, tu te rendras doublement ridicule. 215b

S’il t’arrive par hasard de te retourner vers l'extérieur par complaisance pour quelqu’un, sache que tu as perdu ton assise. Contente-toi donc d’être en tout philosophe. Mais si tu veux encore le paraître, parais-le à toi même, et que cela te suffise!  215c

De même ici. Un tel ne t'a pas invité à un repas? C’est que tu n’as pas donné à celui qui convie, le prix qu’il vend son repas. Il le vend contre des compliments; il le vend contre des prévenances. Paye, si tu trouves avantage, le prix auquel il vend. Mais si tu veux à la fois recevoir et rien payer, tu es un insatiable et un sot. 217

N’as-tu donc rien en place du repas? Tu as de ne point avoir loué celui que tu ne voulais pas, et de ne pas avoir été en butte aux insolences des portiers. 218a

Comme un but n’est pas placé pour n’être pas atteint, le mal de même  n’existe pas dans le monde. 218b


En toute action, examine ses antécédents et ses conséquents, et alors seulement entreprends-la. Si tu ne le fais pas, tu seras au début plein d’ardeur, parce que tu n’as pas songé à qui vient ensuite; mais plus tard, quand certaines difficultés apparaîtront, honteusement tu t’en désisteras.218

Tu veux vaincre aux Jeux Olympiques? Et moi aussi, par les Dieux! car c’est un noble triomphe. Mais examine les antécédents et les conséquents de ce projet, et alors seulement entreprend-le. 219a

Tout ceci une fois pesé, si tu le veux encore, travaille à devenir un athlète. Sinon, tu te comporteras comme les enfants qui jouent, tantôt aux lutteurs, tantôt aux gladiateurs,  qui sonnent maintenant de la trompette et qui font les tragédiens ensuite. Il en sera de même pour toi, tantôt tu seras athlète, tante gladiateur, puis rhéteur, ensuite philosophe, et jamais rien de toute ton âme. Mais, tel un singe, tu imiteras tout spectacle que tu verras, et l'une après l’autre chaque chose te plaira. C'est qu'en effet, avant le l'entreprendre, tu n'as point examiné ni retourné sous toutes ses faces ton projet. Tu t'engages au hasard et avec un froid désir. 219b

Crois-tu qu’en te rendant philosophe tu pourras semblablement manger, pareillement boire, avoir les mêmes désirs, les mêmes aversions? Il faut veiller, peiner, se séparer des siens, souffrir le mépris d‘un jeune esclave, être raillé par les premiers venus, avoir en tout le dessous, dans les honneurs, dans les charges publiques, devant les juges et dans la moindre affaire. 220a

Nul ne peut te léser, si tu ne le veux point; car tu ne seras lésé que si tu juges qu'on te lèse. 220b

XXXI
1. - Sache que le plus important de la piété envers les Dieux est d'avoir sur eux de justes conceptions, qu'ils existent et qu'ils gouvernent toute chose avec sagesse et justice, et, par conséquent, d’être disposé à leur obéir, à leur céder en tout ce qui arrive, et à les suivre de bon gré avec la pensée qu‘ils ont tout accompli pour le mieux. Ainsi, tu ne t’en prendras jamais aux Dieux et tu ne les accuseras point de te négliger.

2. - Mais il n’est pas possible d’en arriver là, si tu n’ôtes pas, des choses qui ne dépendent pas de nous pour les placer dans les seules choses qui dépendent de nous, le bien et le mal. Car, si tu estimes comme bien ou comme mal quelqu’une des choses qui ne dépendent pas de nous, de toute nécessité, lorsque tu n’obtiendras pas ce que tu veux et que tu tomberas sur ce que tu ne veux pas, tu t’en prendras a ceux que tu crois responsables et tu les haïras.

3. - Tout être animé, en effet, est naturellement porté à fuir et à se détourner de ce qui lui parait un mal, et de ce qui en est la cause, à rechercher et à s’éprendre de ce qui lui parait un bien, et de ce qui le procure. II est donc impossible, à celui qui se croit lésé, d’aimer celui qui paraît le léser, comme il lui et impossible aussi d'aimer le dommage en lui-même. 221

Sois le plus souvent silencieux. Ne dis que ce qui est nécessaire et en peu de mots. S'il arrive, rarement toutefois, que s’offre l'occasion de parler, parle, mais que ce ne soit point des premières choses venues. Ne parle pas de combats de gladiateurs, de courses du cirque, d’athlètes, de nourritures ou de boissons, conversations courantes. Surtout, ne parle pas des hommes, soit pour les blâmer, soit pour les louer ou pour les mettre en parallèle. 223

De tels raisonnements ne sont pas cohérents : «Je suis plus riche que toi, donc je te suis supérieur. » «Je suis plus éloquent que toi, donc je te suis supérieur. » Mais ceux-ci sont cohérents : « Je suis plus riche que toi, donc ma richesse est supérieure à Ia tienne.» «Je suis plus éloquent que toi, donc mon élocution est supérieure à la tienne. » Mais tu n’es toi-même ni richesse ni élocution.

XLV
Quelqu’un se baigne promptement, ne dis pas «C'est mal.» mais dis : «C’est promptement.» 228

Page 229:



1. — La première et la plus importante partie de la philosophie est de mettre les maximes en pratique, par exemple : «Qu’il ne faut pas mentir.» La deuxième est la démonstration des maximes, par exemple : «D’où vient qu’il ne faut pas mentir? » La troisième est celle qui confirme et explique ces démonstrations, par exemple : « D‘où vient que c’est une démonstration ? Qu’est-ce que c’est qu’une démonstration, qu’une conséquence, qu’une opposition, que le vrai, que le faux? »

2. — Ainsi donc, la troisième partie est nécessaire à cause de la seconde; la seconde, à cause de la première. Mais la plus nécessaire, celle sur laquelle il faut se reposer, c’est la première. Nous, nous agissons à l’inverse. Nous nous attardons clans la troisième partie, toute notre sollicitude est pour elle, et nous négligeons absolument la première. Nous mentons en effet, mais nous sommes prêts à démontrer qu’il ne faut pas mentir. 232

Photos: Pierre Rousseau - © 2019
Archives Pierre Rousseau
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lundi 6 mai 2019

Philosophie - Pensées pour moi-même (Marc-Aurèle)

J'ai lu ce livre le 14 janvier 1980:


Pensées pour moi-même; Manuel d'Épictète

par Marc-Aurèle
Garnier-Flammarion, 1964 ; 16

Voici les notes et soulignements de Pensées pour moi-même:

Se comporter en adversaires les uns des autres est donc contre nature, et c’est agir en adversaire que de témoigner de l’animosité et de l’aversion. 43

Or, ce qui conserve le monde, ce sont les transformations des éléments, aussi bien que celles de leurs combinaisons. 44

[...] et à donner congé à toutes les autres pensées. Tu le leur donneras, si tu accomplis chaque action comme étant la dernière de ta vie,[...] 44

Or, la mort et la vie, la gloire et l’obscurité, la douleur et le plaisir, la richesse et la pauvreté, toutes ces choses échoient également aux bons et aux méchants, sans être par elles-mêmes ni belles ni laides. Elles ne sont donc ni des biens ni des maux. 46  - Dans la marge: un X

La mort pourtant n’est pas uniquement une action naturelle, mais c’est encore une œuvre utile à la nature. 47

[...] ce qui vient des hommes est digne d’amour, en vertu de notre parenté commune ; 47

C’est du seul présent, en effet, que l’on peut être privé, puisque c’est le seul présent qu’on a et qu’on ne peut perdre ce qu’on n’a point. 48
Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu’est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci : à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans dommage, et soit au-dessus des plaisirs et des peines ; à ce qu’il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu’il ne s’attache point à ce que les autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d’où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n’y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C’est selon la nature ; et rien n’est mal de ce qui se fait selon la nature. 49 Dans la marge: un X

Il faut donc se hâter, non seulement parce qu’à tout moment nous nous rapprochons de la mort, mais encore parce que nous perdons, avant de mourir, la compréhension des questions et le pouvoir d’y prêter attention. 54  - Dans la marge: un I majuscule

Il faut encore prendre garde à ceci : les accidents mêmes qui s’ajoutent aux productions naturelles ont quelque chose de gracieux et de séduisant. Le pain, par exemple, en cuisant par endroits se fendille et ces fentes ainsi formées et qui se produisent en quelque façon à l’encontre de l’art du boulanger, ont un certain agrément et excitent particulièrement l’appétit. De même, les figues, lorsqu’elles sont tout à fait mûres, s’entr’ouvrent ; et, dans les olives qui tombent des arbres, le fruit qui va pourrir prend un éclat particulier. Et les épis qui penchent vers la terre, la peau du front du lion, l’écume qui s’échappe de la gueule des sangliers, et beaucoup d’autres choses, si on les envisage isolément, sont loin d’être belles, et pourtant, par le fait qu’elles accompagnent les œuvres de la nature, elles contribuent à les embellir et deviennent attrayantes. 54  - Dans la marge: un trait vertical qui ne délimite pas bien le texte choisi.

Tu t’es embarqué, tu as navigué, tu as accosté : débarque ! 55  - Dans la marge: un ?

Il faut t’habituer à n’avoir que les seules idées à propos desquelles, si on te demandait soudain : « À quoi penses-tu maintenant ? » tu puisses incontinent répondre avec franchise : « À ceci et à cela. » De cette façon, on pourrait voir aussitôt et avec évidence, que tout en toi est simple, bienveillant, digne d’un être sociable, indifférent aux idées de volupté ou, pour tout dire en un mot, de jouissances, insensible encore à la haine, à l’envie, à la défiance et à toute autre passion dont tu rougirais, s’il fallait avouer que ton esprit la possède. 55  - Dans la marge: * et un I majuscule

Il ne fait donc aucun cas de l’approbation de tels hommes qui ne savent pas eux-mêmes se contenter par eux-mêmes. 56

Il faut être droit, et non pas redressé. 56

Suprême liberté: il vivra sans rechercher ni fuir quoi que ce soit. 57

Corps, âme, intelligence. Au corps, les sensations ; à l’âme, les impulsions ; à l’intelligence, les principes. 60

Et, même si tous les hommes se refusent à croire qu’il vit avec simplicité, réserve et débonnaireté, il ne s’irrite contre personne, et il ne dévie pas de la route qui mène au terme de la vie, terme qu’il faut atteindre en étant pur, calme, dégagé, et en s’accommodant sans violence à sa destinée. 61

On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d’isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle part, en effet, l’homme ne trouve de plus tranquille et de plus calme retraite que dans son âme, [...] 65
[...] que se supporte ete une partie de la justice [...] 66  - Dans la marge: *

Songes-y constamment. « Le monde est changement ; la vie, remplacement 41. » 67 Note: Pensée de Démocrite. Cf. Démocrite, dans Diels, frag. 115.

La mort est, comme la naissance, un mystère de la nature : combinaison dans l’un des mêmes éléments qui se séparent dans l’autre. 67

De nombreux grains d’encens sont jetés sur le même autel ; l’un y est tombé plus tôt, l’autre plus tard, mais c’est sans importance. 69

En moins de dix jours, tu paraîtras un dieu à ceux qui maintenant te regardent comme un fauve ou un singe, pourvu que tu reviennes aux principes et au culte de la raison. 69  - Dans la marge: 2 traits verticaux + *

Si les âmes survivent, comment, depuis l’éternité, l’air suffit-il à les contenir ? Et comment la terre suffit-elle à contenir les corps de ceux qui sont morts depuis la même éternité ? De même qu’ici-bas, en effet, les corps, après avoir séjourné quelque temps dans la terre, se transforment, se dissolvent et font place à d’autres cadavres : de même, les âmes, transportées dans les airs, après s’y être maintenues quelque temps, se transforment, se dispersent et s’enflamment, reprises dans la raison génératrice du Tout, et, de cette façon, font place aux âmes qui viennent y chercher une autre résidence. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et il ne faut pas considérer seulement la foule des corps ensevelis de cette sorte, mais encore celle des animaux que nous mangeons chaque jour et que dévorent aussi les autres animaux. Car quel nombre en est ainsi consommé et enseveli, pour ainsi dire, dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ? Et cependant il y a place pour eux, parce qu’ils se convertissent en sang, parce qu’ils se transforment en air ou en feu. Quel est sur ce point le moyen de découvrir la vérité ? La distinction entre la matière et la cause formelle. 70

En effet, la plupart de nos paroles et de nos actions n’étant pas nécessaires, les supprimer est s’assurer plus de loisir et de tranquillité. 71
Le petit métier que tu as appris, aime-le et donne-lui tout ton acquiescement. Le reste de ta vie, passe-le en homme qui, de toute son âme, compte sur les Dieux pour tout ce qui le concerne, et qui ne se fait ni le tyran ni l’esclave d’aucun des hommes. 73  - Dans la marge: 2 traits verticaux + *

A ceci seulement : une pensée conforme à la justice, une activité dévouée au bien commun, un langage tel qu’il ne trompe jamais, une disposition à accueillir tout ce qui nous arrive comme étant nécessaire, comme étant attendu, comme découlant du même principe et de la même source. 74

Tout est éphémère, et le fait de se souvenir, et l’objet dont on se souvient. 74

Tout être, en quelque sorte, est la semence de l’être qui doit sortir de lui. 74

Aucun mal ne survient aux êtres en vole de transformation, comme aucun bien n’arrive à ceux qui naissent d’une transformation. 75  - Dans la marge: ?

Se souvenir aussi « de l’homme qui oublie où le chemin conduit 49 » 76 Note: 49 Cf. HÉRACLITE, dans Diels, frag. 71.

Ceci n’est pas un revers, mais c’est un bonheur que de noblement le supporter. 77

Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est celui qui va selon la nature. Voilà pourquoi il faut agir et parler en tout de la façon la plus naturelle. Une telle ligne de conduite te délivrera de l’emphase, de l’exagération et du style figuré et artificiel. 78
Au petit jour, lorsqu’il t’en coûte de t’éveiller, aie cette pensée à ta disposition : c’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille. 82  - Dans la marge: *

Il faut donc aimer pour deux raisons ce qui t’arrive. L’une parce que cela était fait pour toi, te correspondait, et survenait en quelque sorte à toi, d’en haut, de la chaîne des plus antiques causes. L’autre, parce que ce qui arrive à chaque être en particulier contribue à la bonne marche, à la perfection et, par Zeus ! à la persistance même de Celui qui gouverne la nature universelle. L’univers, en effet, se trouverait mutilé, si tu retranchais quoi que ce soit à la connexion et à la consistance de ses parties, tout comme de ses causes. Or, tu romps cet enchaînement, autant que tu le peux, lorsque tu es mécontent de ce qui t’arrive et que, dans une certaine mesure, tu le détruis. 85
Or, le bien d’un être raisonnable est de vivre en société. 88

Ce qui ne lèse point la cité ne lèse pas non plus le citoyen. Toutes les fois que tu te figures qu’on t’a lésé, applique cette règle : si la cité n’est pas lésée, je ne suis pas non plus lésé. Mais si la cité est lésée, il ne faut pas s’indigner contre celui qui la lèse, mais lui signaler la négligence commise. 89  - Dans la marge: ?

Médite fréquemment la rapidité avec laquelle passent et se dissipent les êtres et les événements. La substance est, en effet, comme un fleuve, en perpétuel écoulement ; les forces sont soumises à de continuelles transformations, et les causes formelles à des milliers de modifications. Presque rien n’est stable, et voici, tout près, le gouffre infini du passé et de l’avenir, où tout s’évanouit. Comment ne serait-il pas fou, celui qui s’enfle d’orgueil parmi ce tourbillon, se tourmente ou se plaint, comme si quelque chose, pendant quelque temps et même longtemps, pouvait le troubler ? 89  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Or, je veux ce qui est conforme à la nature d’un être raisonnable et sociable. 91
C’est, en effet, une des actions de ta vie que le fait de mourir. Il suffit donc, pour cet acte aussi, de bien faire ce qu’on fait dans le moment présent. 97  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Quelle façon d’agir ! Les hommes de leur temps et qui vivent avec eux, ils ne veulent pas les louer, mais ils tiennent beaucoup à être eux-mêmes loués par ceux qui viendront après eux, qu’ils n’ont jamais vus et ne verront jamais. C’est à peu près comme si tu t’affligeais de ce que ceux qui t’ont précédé n’ont pas tenu sur toi des propos louangeurs. 101

La mort est la cessation des représentations qui nous viennent des sens, des impulsions qui nous meuvent comme avec des cordons, du mouvement de la pensée et du service de la chair. 103

Une seule chose ici-bas est digne de prix: passer sa vie dans la vérité et dans la justice, en se gardant indulgent aux menteurs et aux injustes. 108  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Celui qui aime la gloire met son propre bonheur dans les émotions d’un autre ; celui qui aime le plaisir, dans ses propres penchants ; mais l’homme intelligent, dans sa propre conduite. 109  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Habitue-toi à être attentif à ce qu’un autre dit, et, autant que possible, entre dans l’âme de celui qui parle. 109  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas utile à l’abeille non plus. 110

Que les choses à venir ne te tourmentent point. Tu les affronteras, s’il le faut, muni de la même raison dont maintenant tu te sers dans les choses présentes. 114

Comme les membres du corps chez les individus, les essences raisonnables, bien qu’appartenant à des êtres distincts, sont, sous un rapport analogue, constituées pour agir de concert. Cette pensée te frappera davantage, si tu te dis souvent à toi-même : « Je suis membre du corps des essences raisonnables. » Mais, si tu te dis, avec la lettre P : « J’en suis partie (70) », tu n’aimes pas encore du fond du cœur les hommes, tu ne te plais pas encore absolument à leur faire du bien, car si tu fais le bien simplement par devoir, tu ne fais pas encore ce bien comme à toi-même. 115 Note: 70 Membre, mélos, et partie, méros, ne diffèrent en grec, que par une seule lettre : la lettre P.

Bientôt tu auras tout oublié ; bientôt tous t’auront oublié. 117

Efface l’imagination. Arrête cette agitation de pantin. Circonscris le moment actuel. Comprends ce qui t’arrive, à toi ou à un autre. Distingue et analyse, en l’objet qui t’occupe, sa cause et sa matière. Pense à ta dernière heure. La faute que cet homme a commise, laisse-la où la faute se tient. 118  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Ne porte pas tes regards sur le principe directeur des autres, mais regarde droit où te conduit la nature : la nature universelle, par les accidents qui t’arrivent, et ta propre nature, par les devoirs qu’elle t’impose. Chaque être doit accomplir, en effet, ce qui est en accord avec sa constitution. Tous les autres êtres ont été constitués en vue des êtres raisonnables, comme, dans n’importe quel ordre, les choses inférieures en vue des supérieures, mais les êtres raisonnables l’ont été les uns pour les autres. Dans la constitution de l’homme, le caractère essentiel est donc la sociabilité. Le second, c’est la faculté de résister aux sollicitations corporelles, car le propre du mouvement de la raison et de l’intelligence est de se donner sa limite à lui-même et de ne jamais être vaincu par les mouvements des sens ni par ceux de l’instinct. Ces deux mouvements, en effet, sont de nature animale. Mais le mouvement de l’intelligence veut prédominer et ne pas être maîtrisé par eux, et cela, à juste titre, car il est d’une nature à pouvoir se servir de tous les autres. En troisième lieu, il est dans la constitution d’un être raisonnable de ne pas se montrer prompt à juger ni facile à duper. Que ton principe directeur, en s’en tenant à ces prérogatives, suive droit son chemin, et il possède ce qui lui appartient. 122  - Dans la marge: 1, 2 et 3 soulignements 

Creuse au dedans de toi. Au dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours. 123

Il faut que le corps soit aussi lui-même affermi et ne soit pas relâché, ni dans l’action ni dans le repos. 123

La nature ne t’a pas tellement mêlé ou composé des choses, qu’il ne te soit point permis de te délimiter et de faire que ce qui t’appartient soit en ton pouvoir. Il est parfaitement possible, en effet, d’être un homme divin et de n’être remarqué par personne. Souviens-t’en toujours, et encore de ceci : que le bonheur de vivre dépend de très petites choses, et que, si tu désespères de pouvoir être un dialecticien et un physicien, il ne faut pas pour cela renoncer à être libre, modeste, sociable et docile à la voix de Dieu. 125  - Dans la marge: 2 traits verticaux

La perfection morale consiste en ceci : à passer chaque jour comme si c’était le dernier, à éviter l’agitation, la torpeur, la dissimulation. 125
Le repentir est un blâme à soi-même pour avoir négligé quelque chose d’utile. Or, le bien doit être quelque chose d’utile, et l’honnête homme doit en avoir souci. Mais d’autre part, aucun honnête homme ne se blâmerait pour avoir négligé un plaisir. Le plaisir n’est donc, ni chose utile, ni bien. 131

Qui que ce soit que tu rencontres, commence aussitôt par te dire : « Cet homme, quels principes a-t-il sur les biens et sur les maux ? » S’il a, en effet, sur le plaisir et la douleur, sur les causes qui l’une et l’autre les produisent, sur la gloire, l’obscurité, la mort, la vie, tels ou tels principes, je ne trouverai ni étonnant, ni étrange, s’il accomplit telles ou telles actions, et je me souviendrai qu’il est contraint d’agir ainsi. 132

Souviens-toi que changer d’avis et obéir à qui te redresse, c’est faire encore acte de liberté. Ton activité, en effet, s’étend selon ta volonté, selon ton jugement et, par conséquent, selon aussi ta propre intelligence. 132  - Dans la marge: *

Bonheur de l’homme : faire ce qui est le propre de l’homme. Et ce qui est le propre de l’homme, c’est d’être bienveillant envers ses pareils, de mépriser les mouvements des sens, de discerner les idées qui méritent créance, de contempler la nature universelle et tout ce qui arrive conformément à sa loi. 134  - Dans la marge: *

Si tu t’affliges pour une cause extérieure, ce n’est pas elle qui t’importune, c’est le jugement que tu portes sur elle. Or, ce jugement, il dépend de toi de l’effacer à l’instant. Mais, si tu t’affliges pour une cause émanant de ta disposition personnelle, qui t’empêche de rectifier ta pensée ? De même, si tu t’affliges parce que tu ne fais pas une action qui te paraît saine, pourquoi ne la fais-tu pas plutôt que de t’affliger ? - Mais quelque obstacle insurmontable m’empêche. - Ne t’afflige donc pas, puisque ce n’est point par ta faute que tu ne la fais point. - Mais il est indigne de `vivre, si je ne l’exécute pas. - Sors donc de la vie, l’âme bienveillante, à la façon de celui qui meurt en exécutant ce qu’il veut, mais sois en même temps indulgent aux obstacles. 139

Voilà pourquoi c’est une citadelle que l’intelligence libérée des passions. L’homme n’a pas de position plus solide où se réfugier et rester désormais imprenable. Qui ne l’a point découverte est un ignorant, et qui l’a découverte, sans s’y réfugier, est un malheureux. 139

Dans tes actions, ne sois point nonchalant ; clans tes conversations, ne sois pas brouillon ; dans tes pensées, ne t’égare pas ; en ton âme, en un mot, ne te contracte pas, ne t’en évade pas, et ne passe pas ta vie dans les tracas. 140

Celui qui ne sait pas ce qu’est le monde ne sait pas où il est. Celui qui ne sait pas pourquoi il est né ne sait pas ce qu’il est, ni ce qu’est le monde. Mais celui qui a négligé une seule de ces questions n’est pas même en état de dire pourquoi il est né. Que te semble-t-il donc de celui qui fuit le blâme ou recherche l’éloge de ces braillards qui ne savent pas où ils sont, ni ce qu’ils sont ? 141

Tu veux être loué par un homme qui, trois fois par heure, se maudit lui-même ? Tu veux plaire à un homme qui ne se plaît pas à lui-même ? Se plaît-il à lui-même, l’homme qui se repent de presque tout ce qu’il a fait ? 141

Le vice, d’une façon générale, ne nuit en rien au monde. Pris en particulier, il ne nuit à nul autre, et n’est nuisible qu’à celui-là seul auquel il a été donné de s’en débarrasser, aussitôt qu’il voudra. 141

Tous les êtres qui ont part à quelque chose de commun recherchent ce qui leur est semblable. 148

Ainsi donc tout être qui participe de la commune nature intelligente s’efforce de rejoindre ce qui lui est apparenté, et davantage encore.  148

La faute d’un autre, il faut la laisser où elle est. 150

La cause universelle agit comme un torrent ; elle entraîne tout. Quels êtres vulgaires que ces petits hommes qui jouent les politiques et s’imaginent agir en philosophes ! Ils sont pleins de morve. O homme, que fais-tu ? Fais ce que ta nature présentement exige. Décide-toi, si tu le peux, et ne regarde pas si on te verra. Ne t’attends pas à la république de Platon, mais sois satisfait du plus petit progrès, et ce résultat, ne le considère pas comme petite chose. Car qui pourrait changer les principes des hommes ? Et, sans changer leurs principes, que leur reste-t-il, sinon le joug qui pèse sur des esclaves qui gémissent et font semblant d’obéir ? Va maintenant et cite-moi Alexandre, Philippe, Démétrius de Phalère. Je les suivrai, s’ils ont su discerner ce que veut la commune nature et s’ils se sont éduqués eux-mêmes. Mais, s’ils ont joué la tragédie, personne ne me condamne à les imiter. Simple et modeste est l’œuvre de la philosophie. Ne m’entraîne pas à l’orgueil de la solennité. 152

Mais s’ils ont un pouvoir, pourquoi ne les pries-tu pas de te donner de ne rien avoir à craindre des choses de ce monde, de n’en désirer aucune et de ne jamais t’affliger pour aucune, au lieu de leur demander que telle chose t’advienne ou ne t’advienne pas ? 155  - Dans la marge: *

Cet homme demande : « Puissé-je dormir avec cette femme ! »Toi, dis plutôt : « Puissé-je ne pas désirer de dormir avec cette femme ! » Cet autre «Puissé-je être débarrassé de ce souci ! » Toi : « Puissé-je n’avoir pas besoin d’en être débarrassé ! » Un autre : « Puissé-je ne pas perdre mon enfant ! » Toi : « Puissé-je ne pas être affligé de le perdre ! » Bref, retourne ainsi tes prières, et vois ce qui arrive. 155  - Dans la marge: *

Lorsque tu es offensé par l’impudence d’un homme, demande-toi aussitôt : « Se peut-il donc qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? » Cela ne se peut pas. Ne réclame donc pas l’impossible, puisque cet homme est l’un de ces impudents qui nécessairement se trouvent dans le monde. Sois prêt à te poser la même question devant un scélérat, un fourbe ou tout autre coupable. En te rappelant, en effet, qu’il est impossible qu’il n’existe pas des gens de cette sorte, tu deviendras plus indulgent pour chacun d’eux. 156

C’est comme si l’œil exigeait une récompense pour voir, et les pieds pour marcher.  157  - Dans la marge: 2 traits verticaux

La nature, en effet, aurait-elle entrepris de gâter elle-même ses propres parties, de les rendre susceptibles de tomber dans le mal et de les y faire inévitablement tomber ; ou bien, est-ce à son insu qu’il en va de la sorte ? L’un et l’autre sont invraisemblables. 163

Lorsque tu te seras nommé homme de bien, réservé, véridique, prudent, résigné, magnanime, fais attention à ne pas avoir à te nommer autrement [...] 164

Toutefois, pour t’aider à te souvenir de ces noms, il te sera d’un grand secours de te souvenir des Dieux, et de te rappeler que ce qu’ils veulent, ce n’est pas d’être flattés, mais que tous les êtres raisonnables travaillent à leur ressembler. Ils veulent enfin que ce soit le figuier qui remplisse la fonction du figuier, le chien celle du chien, l’abeille celle de l’abeille et l’homme, celle de l’homme. 164

Il ne s’agit plus du tout de discourir sur ce que doit être l’homme de bien, mais de l’être. 167

La terre aime la pluie, et il aime aussi, le vénérable Éther … Et le monde aussi aime faire ce qui doit advenir. Je dis donc au monde : « J’aime ce que tu aimes. » Ne dit-on pas de même d’une chose : qu’elle aime à survenir ? 167

Au début, les tragédies furent représentées pour rappeler les accidents de la vie, montrer qu’ils doivent ainsi naturellement arriver, et que les drames qui vous ont séduits sur la scène ne doivent point vous accabler sur une scène plus grande. Elles font voir, en effet, que c’est ainsi qu’il faut que s’accomplissent ces drames, et qu’en sont les victimes ceux mêmes qui crient : « Ah ! Cithéron (107) ! » 178 Note: 107. Œdipe, dans Œdipe-Roi, de Sophocle, v. 1391.

Après la tragédie parut la comédie ancienne. Son libre parler servit d’enseignement ; et, par sa franchise même, rappela, non sans succès, la modestie aux hommes. C’est dans la même intention que Diogène lui emprunta cette franchise.
Après elle, considère pourquoi fut accueillie la comédie moyenne, et enfin la comédie nouvelle, elle qui, en peu de temps, tomba dans l’ingénieuse imitation des mœurs ? Que ces poètes comiques aient dit aussi des choses utiles, on ne l’ignore pas. Mais tout l’effort de cette poésie et de cet art dramatique, à quel but visait-il ? 179

Avec quelle évidence tu arrives à penser qu’il ne saurait y avoir dans ta vie une situation aussi favorable à la philosophie, que celle dans laquelle présentement tu te trouves. 179

Aucune nature n’est inférieure à l’art, car les arts ne sont que des imitations des diverses natures.  180  - Dans la marge: *

Il y a comme une grossièreté et quelque dépravation à dire : « J’ai préféré me comporter franchement avec toi. - Homme, que fais-tu ? Il ne faut pas commencer par affirmer cela. La chose d’elle-même le déclarera. Elle doit être écrite sur ton front ; ta voix doit aussitôt l’exprimer ; tes yeux doivent aussitôt la montrer, à l’instar de l’aimé qui tonnait aussitôt, dans le regard de ses amants, tout ce qu’ils éprouvent. En un mot, il faut que l’homme droit et honnête ressemble à l’homme qui sent le bouc, en sorte que quiconque s’approche de lui sente dès l’abord, qu’il le veuille ou non, ce qu’il en est. La recherche de la simplicité est un coutelas. Rien n’est plus odieux qu’une amitié de loup (112). Évite ce vice avant tous. L’homme de bien, l’homme droit, bienveillant portent ces qualités dans leurs yeux, et elles n’échappent point. 181 Note: (112) Allusion à la fable d’Esope, où les loups persuadent les brebis de leur livrer les chiens qui les gardaient.
Septièmement, ce ne sont pas leurs actions qui nous troublent, car elles ont leurs principes dans l’esprit qui dirige ces hommes, mais les opinions que nous nous en formons. 183

Or, exprimer une idée qui ne provient pas de toi, songe que c’est une des choses les plus absurdes qui soient. 185

Celui dont la vie n’a pas un but unique et toujours le même, ne peut pas rester unique et le même durant toute sa vie. 186  - Dans la marge: 2 traits verticaux

Socrate appelait les opinions de la foule des Lamies, épouvantails pour les enfants (115). Note 115: Cf. ÉPICTÈTE, Dissert., II, 1 ; PLATON, Criton.

Dans l’art de l’écriture et de la lecture, tu ne peux enseigner avant d’avoir appris. Il en est de même, à plus forte raison, de l’art de la vie. 187

Ainsi, nous appréhendons davantage l’opinion de nos voisins sur nous-mêmes que la nôtre propre. 192  - Dans la marge: *
Combien est ridicule et étrange l’homme qui s’étonne de quoi que ce soit qui arrive en la vie! 194

[...] que tout n’est qu’opinion ; que chacun ne vit que le moment présent et ne perd que l’instant. 197

À ceux qui demandent : « Où as-tu vu les Dieux? Ou bien, par quel moyen conçois-tu qu’ils existent, puisque tu les honores ? -Tout d’abord ils sont visibles au regard. Et puis, je n’ai jamais vu mon âme, et pourtant je l’honore. Il en est ainsi pour les Dieux. Des marques de leur puissance qu’en toute occasion je constate, je conçois qu’ils existent, et je les respecte. 198  - Dans la marge: neg.

Photos: Pierre Rousseau - © 2019
Archives Pierre Rousseau
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