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samedi 24 novembre 2018

Créatitude - Mémoire, création et cercueil

En 2003, j'écrivais:

«La mémoire influence la création: un cercueil peut figurer la mort, un patois, Edgar Allen Poe, un sarcophage.» (Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)

Aujourd'hui, je pourrais ajouter: un adieu, une veuve, du plomb, une pelletée, un squelette.


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Cercueil: le patois du personnage Lionel Rivard, joué par Rémy Girard, dans la série québécoise Scoop.

Scoop est une série télévisée québécoise en 52 épisodes de 45 minutes, créée par Fabienne Larouche et Réjean Tremblay et diffusée du 8 janvier 1992 au 6 avril 1995 à la Télévision de Radio-Canada.
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mardi 13 novembre 2018

Créatitude - La bêtise

En 2003, j'écrivais ces quatre pensées sur la bêtise:

«L'âne n'est pas plus bête que tout autre animal, mais il l'est d'une façon qui se rapproche le plus de celle de l'humain.»

«Butor, buse, dinde ou bécasse, l'oiseau est souvent à l'image de la bêtise.»

«Certains réussissent l'exploit d'être à la fois nul et épais.»

«Quand la bêtise devient maladresse, ou distraction, la complaisance n'est pas loin.»

(Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)


Planche 14 : Rapport de la Figure humaine avec celle de l'âne
Système de Lebrun sur la Physionomie
Morel d'Arleux, Louis-Marie-Joseph (1755-1827)

Ces observations prêtent bien sûr à discussion, mais, dans le fond, que rajouter de plus.
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samedi 10 novembre 2018

Créatitude - L'art est émotion

En 2003, j'écrivais:

«L'art est émotion. Pour le comprendre, il faut l'étudier. On aime alors les normes, la hardiesse, la technique, les formes, la touche personnelle du créateur. Mais est-ce lui que nous voulons découvrir, ou voulons-nous que son oeuvre nous ouvre au monde et fasse éclater notre personnalité? Jouir, c'est oublier l'émotion de l'autre.» (Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)

Picasso - La femme qui pleure

Ici, c'est le terme «personnalité» qui pose problème. Est-ce à dire que c'est l'art lui-même qui fait éclater notre différence, notre originalité, notre identité? Est-ce à dire que l'art modèle nos comportements, nos attitudes, nos motivations?

Probablement. Peut-être devient-on une meilleure personne en fréquentant les musées. Quoi qu'il en soit, il y a bien un peu d'égoïsme dans tout ça. Et c'est bien ainsi.


Sources: WEB
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jeudi 8 novembre 2018

Créatitude - Chemin(s)

En 2003, j'écrivais:
«Un chemin n'existe que par ceux qui l'empruntent. Pour certaines personnes, le chemin emprunté vaut plus que le lieu de destination. Ce n'est pas là un simple déplacement, ou un va-et-vient comme l'acte sexuel, mais la découverte d'horizons entrevus juste le temps qu'il faut pour refaire le paysage.»
(Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)

Saint-Fabien-de-Rimouski (Bas-Saint-Laurent) Québec - 2014
Photo: Pierre Rousseau - © 2014
Archives Pierre Rousseau

La première phrase est une tautologie: «Un chemin n'existe que par ceux qui l'empruntent.»

La deuxième me rejoint beaucoup: «Pour certaines personnes, le chemin emprunté vaut plus que le lieu de destination.»

Quant à la troisième, elle est plus complexe: «Ce n'est pas là un simple déplacement, ou un va-et-vient comme l'acte sexuel, mais la découverte d'horizons entrevus juste le temps qu'il faut pour refaire le paysage.» La proposition «ou un va-et-vient comme l'acte sexuel» pourrait être enlevée sans que cela affaiblisse le texte. Et que voulais-je dire par «refaire le paysage»? Je ne sais pas. Mais l'image me plaisait.

Depuis cette phrase écrite sous l'impulsion du moment, j'ai parcouru beaucoup de chemin(s). Le champ lexical pour ce mot étant très vaste, les jeux de mots seraient ici très faciles. En retenir un ? Chemin des écoliers. Le Dictionnaire Antidote écrit: «Chemin le plus long, le plus agréable, qui permet de flâner comme un écolier qui n’est pas pressé d’arriver à l’école.»
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mercredi 31 octobre 2018

Créatitude - Les besoins

En 2003, j'écrivais dans Créatitude :

«Je suis constamment dans un état de besoin: besoin de boire, de manger, de dormir; besoin de connaître, de savoir; besoin d'érotisme ou d'amour; besoin d'évasion; besoin d'uriner ou de déféquer; besoin de regarder ou d'entendre; besoin d'argent. Je juge de la pertinence d'en combler un au détriment d'un autre. Le vide ainsi formé crée le besoin de le remplir. La vie est un grand vide à combler.» (Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)

Rivera, Diego (1886-1957).
Illustrations for the Popol Vuh, 1930-1931.

La première phrase, avec ses nombreuses propositions, démontre bien qu'un besoin est une exigence, une envie interne née de la nature, ou de la vie sociale. Il peut être impérieux, urgent. C'est souvent un état d’insatisfaction. Les besoins sont considérés comme étant nécessaires à l’existence, la vie quotidienne. Ils sont petits ou grands.

La deuxième phrase - «Je juge de la pertinence d'en combler un au détriment d'un autre» - est limpide quant à son sens.

La troisième phrase - «Le vide ainsi formé crée le besoin de le remplir» - est plus difficile à cerner. Probablement avais-je compris alors qu'ainsi s'échafaude la complexité de la vie.



La quatrième phrase - «La vie est un grand vide à combler» - parle d'elle-même.


Sources: WEB

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mardi 23 octobre 2018

Créatitude - Le bonheur

Je ne cherche pas le bonheur, mais des moments heureux. Moment sous-entend ici un instant... ou une époque de ma vie. Le bonheur est passager; il est année, jour, heure, mais rarement seconde. De l'odeur du café qui fume au silence de la mer, du sourire de l'amante à la victoire sur moi-même, le bonheur ne prend que l'essentiel. Même la tristesse, quand elle est mélancolie, donc absence de gaieté, installe une trêve aux hostilités du quotidien. Le moment heureux est toujours un état second, en marge du raisonnement, et souvent du raisonnable. Dès que je prends conscience du bonheur, il s'évanouit dans l'instant, ou un peu plus tard, comme un rêve que la journée chasse peu à peu.

Je ne peux outrepasser le bonheur, il ne saurait en avoir trop. Il faut, par contre, savoir quand il commence, c'est-à-dire prendre conscience de l'instant où le moment devient heureux. Mais ne pas se le dire. L'allégresse est éphémère, car elle s'appuie sur des critères fuyants et mal définis.

(Créatitude, Pierre Rousseau, 2003)


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