mardi 22 décembre 2020
Petits textes à revoir - Masse ouvrière
lundi 21 décembre 2020
Petits textes à revoir - Laze
vendredi 18 décembre 2020
Petits textes à revoir - Secte à risque
Extrait de Petits textes à revoir, (Pierre Rousseau, 2000).
Secte à risque
vendredi 21 août 2020
Petits textes à revoir - Vampirisme
Extrait de Petits textes à revoir, (Pierre Rousseau, 2000).
Vampirisme
J’ai vu Cécile hier, au marché Atwater où elle n’allait plus depuis (???). Cécile est une femme masquée, opaque, insondable, un jade chauffé, toute en ivoire et en crocs. Parce qu’un homme l’a aimé plus qu’il ne faut, elle est devenue louve caressante, humaine au-delà des gestes amoureux, juste là où il faut, insistante dans le prolongement de sa mémoire désir. Cécile est une femme à bouche ventouse. En ce moment, elle me regarde par dessus les melons et les courges, elle voit plus loin en moi, ouvre grand mon âme et mon corps, le déchire en deux, constate le vide, voit ma poitrine sans cœur, sans organes, mutant par le dépeuplement des êtres amours engoncés dans les recoins de mon masque funéraire.
– Tu es triste, me dit-elle.
Oui, je suis triste comme le ciment fendu sur les trottoirs, comme les fleurs fanées dans les dessins d’enfants. Triste de tout ce qui lui est arrivé, dans son exil forcé en Californie.
– C’est loin, la Californie, je dis.
– Ce n’est pas à portée de main, qu’elle répond.
Encore moins à portée des yeux, je pense en la regardant soupeser un melon de miel. Même s’il y a les lettres à la poste ou internet ou le téléphone portable, ce n’est pas à moi qu’elle écrivait, ou envoyait un courriel, ou téléphonait tous les soirs, c’est à son mari. Comme il était ouvert à tous, qu’il n’avait pas de jardin secret, il me disait tout, me montrait tout. Et puis voilà, il est parti à son tour. À force de tout dire, on perd sa vie, forcément. Il n’est pas mort, ce qui aurait peut-être été moins douloureux, il est parti avec une autre femme qui le côtoyait de plus près de lui, une inconnue dont personne ne savait ni le nom ni le lieu de naissance, rien.
Alors, C. est libre. Et moi j’espère. Mais elle a tellement changé que je me demande si je ferais une bonne affaire… Je suis resté comme avant. C. a mordu dans la vie, et la vie, c’est forcément le sang, ou la sève, ou quelque liquide organique qui huile les engrenages là où il faut et fait s’animer l’inanimé. C. s’est noyé dans la sève.
C. m’a aimé, dans le temps, pendant un mois. Puis l’autre – je dis l’autre, mais c’est sans méchanceté – est venu. Je ne lui en veux pas de m’avoir enlevé la femme que j’aime, mais pour l’avoir abandonnée après l’avoir vidée de son sang. Si elle revient terminer son œuvre avec moi, entre nous s’éteindra le présent a priori et mon existence ressemblera à celle de l’ange secourable. Nous aurons alors vanité et néant en partage pour, heureux d’être, se nourrir à même le sang. En ce moment de mon existence, j’ai autant besoin d’aimer que d’être aimé.
C. me regarde en souriant, une cerise entre les dents. Peut-être a-t-elle compris.
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jeudi 20 août 2020
Petits textes à revoir - Chien de fusil
Extrait de Petits textes à revoir, (Pierre Rousseau, 2000).
Chien de fusil
F. et moi sommes assis au parc Lafontaine. Il veut me dire quelque chose. Il lance des miettes de pain aux canards, sans regarder, c’est toujours le même qui attrape. Quand il n’a plus de pain, il est tout surpris.
– T’en as ?, qu’il me dit.
– Quoi ? je fais pour l’agacer.
– De la peine ?
Je ne sais quoi répondre. Ce n’est pas la question que j’attendais. On est un peu déboussolé quand on n’entend pas les mots attendus, surtout si ceux qui les remplacent nous embêtent, je dis embête dans le sens d’« indiscrets ».
– On a toujours de la peine sans le savoir, je dis.
– Quand je veux la serrer tendrement dans mes bras, m’avoue F, elle me dit laisse, laisse.
Elle, c’est K., sa femme. Je la connais bien. Ni belle ni laide. Elle travaille comme réceptionniste dans une grande boîte sur le boulevard René-Lévesque. Je connais F. aussi. Et je la comprends. Mais je ne juge pas. Si K. ne croit plus en l’amour de F., elle le tiendra en laisse quelque temps encore, pour le faire souffrir à sa manière qui est laide d’égoïsme. Un jour, quand elle le voudra, elle laissera aller le père biologique, morcelé ou même mort. Elle ne se séparera pas de l’enfant pour autant. L’amarre est longue, plus longue que le large. Elle porte en elle un fœtus en sursis d’émancipation. Peut-être un enfant mal-aimé, un de plus, un de trop. S’il est le portrait vivant de son père, la décision de K. sera vite prise, elle coupera le cordon, laissera filer le filet de glaire ou de fiel. Moi, je vois déjà l’enfant à naître qui, en chien de fusil dans le ventre, tire sur sa laisse près du cœur maternel qui ne voit rien venir, pas même les lendemains qui déchantent.
– C’est pas drôle pour elle non plus, je dis machinalement.
F. me regarde. Il ne comprend pas. Les canards sont partis de l’autre côté de l’étang. On les voit à peine. Mais on les entend, ils sont heureux. On est toujours heureux quand on mange à sa faim. N’importe quelle faim.
– Quoi ? fait F, impatient.
– Laisse faire, je dis.
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dimanche 23 février 2020
Petits textes à revoir - Écueillir
mercredi 12 février 2020
Petits textes à revoir - Pirosité
vendredi 7 février 2020
Petits textes à revoir - Manger «sec»
Ma mère, lorsqu’elle voyait des ouvriers manger leurs sandwichs assis sur le bord du trottoir, elle trouvait qu’ils mangeaient « sec ». Alors, elle leur apportait un bol de soupe. Et ils disaient merci, surpris de cette bonne action. Aujourd'hui, les ouvriers vont manger au McDonald. On a de moins en moins l’occasion de faire plaisir. Et bientôt, on perdra même le goût d’être généreux.
vendredi 31 janvier 2020
Petits textes à revoir - Les chemins
Les chemins
vendredi 6 décembre 2019
Petits textes à revoir - Cosmose
Cosmose
jeudi 5 décembre 2019
Petits textes à revoir - Yeux noirs
Extrait de Petits textes à revoir, (Pierre Rousseau, 2000).
lundi 18 novembre 2019
Petits textes à revoir - Tirasse
Tirasse
mercredi 26 décembre 2018
Petits textes à revoir - Échographie
jeudi 13 décembre 2018
Petits textes à revoir - Margoton
Nous lui avions même composé une comptine :
Près du lavoir à bouteilles
Sous le pommier aux pommes rainettes (sic)
Derrière le hangar des Germinette
Une fille aime les garçons à la sauvette.
C’est Margoton, dit l’amourette.
Une fille rondelette
En quête de touchettes
Sous sa longue jupette.
Voilà une fille tendrette
Pas très jolette
Mais bien coquette
Sur la rue Marquette.
Elle prend timides et femmelettes,
Pour gaillarde téter leur pistillette
Et leur fleurir là ben drette
Une maudite belle rizette.
À huit ans, nous sommes bien lestes
Faut le dire, de la pissette
Pour aller dans les cachettes
De la rue Marquette.
dimanche 9 décembre 2018
Petits textes à revoir - Les ruelles
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(Jaquette) (Jaquette) Famille sans nom Roman de Jules Verne sur les Patriotes de 1837-38. La Maison Réédition Québec, Montréal, 1970. Coll. ...
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Voici un travail pratique du cours Français 301, Groupe 108, au Collège de Maisonneuve, que j'ai présenté, lundi, le 22 décembre 1969. ...
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Gustave, où qu't'as mis le clef d'la cave? (Where is the key of the Cave?) Eugène Vivez Avec accompagnement de pian...